mercredi 21 août 2013

"Dans le silence du vent" Louise Erdrich (Albin Michel)



"Et l'homme blanc débarqua et les précipita sous la terre"


C'est avec cette phrase que l'on pourrait illustrer le dernier roman de Louise Erdrich. Mais ce serait aussi le réduire à une sentence sans appel et il s'agit justement du contraire : "Dans le silence du vent" est un cri de révolte où tous les esprits des indiens Ojibwés donnent leurs voix !

1988. Dakota du nord.
Joe est un ado de 13 ans. Il est fan de Star Wars et lit en cachette le "Manuel du droit fédéral indien". Le reste du temps il caracole sur son vélo avec ses copains autour de la réserve. C'est le temps des premières bières, des première clopes.

Le père de Joe est juge au tribunal tribal et sa mère spécialiste des affaires de filiations tribales. Vous l'aurez compris, Joe et sa famille sont des indiens pure souche, conçés entre les territoires de leur réserve et ceux de l'Etat dont les frontières sont virtuelles.
Et c'est bien de cela dont il s'agit lorsque la terrible agression dont va être victime la mère de Joe ne va pouvoir être menée correctement en justice à cause de ce problème de territoires : sur quelle partie de la réserve l'agression a été commise ? indienne où de l'Etat ? Par qui ? Indien où Américain ?
Et d'abord à quoi reconnait-on un indien d'un américain ? pas d'après son nom, pas d'aprés une photo, pas non plus d'après ses empreintes digitales...

Et pendant ce temps le coupable court toujours et la haine du jeune Joe monte doucement mais sûrement.
Car malgré la bienveillance de son père, les petits plats de sa tante Clémence, les taquineries de Mooshum sont grand-père adoré et la protection de sa chienne Pearl, joe va faire prendre à sa vie un chemin de poussière...

Mais attention, on ne se heurte pas à un roman à thèse, car cette histoire parle surtout d'humanité et laisse la part belle à l'humour ( la scène où le père Travis, curée de la paroisse, prend en chasse Cappy un copain de Joe venu confesser sa nuit de débauche est tordante ! ).

Sur fond de légendes mystiques et d'esprits protecteurs, la porte parole des amérindiens nous livre un roman d'exception.

En lisant ce roman, ces disques m'ont accompagné :
Otis Taylor "Respect the dead" et Mark Lanegan Band "Blues Funeral"

Une petite vidéo de l'auteure interviewée dans sa librairie il y a quelques années. (Grosse faute dans l'écriture de son nom : Hendricks au lieu d' Erdrich...bravo france 5)



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